Homélie du 4ème Dimanche de Pâques

P. Joseph G. EID

Évangile du jour

Jn 21, 1-14

Chers frères et sœurs, nous sommes au quatrième dimanche de Pâques, et les lectures d’aujourd’hui nous illustrent comment Dieu nous accompagne dans notre vie de foi, même quand nous semblons avoir tout abandonné, même quand nos activités quotidiennes ne laissent plus de place à notre engagement chrétien, et que la tiédeur ou le désespoir reprennent le dessus.

Le Seigneur vient à notre rencontre au lever du jour, lorsque la journée d’avant n’a pas bien abouti, lorsque tous nos efforts semblent vains, quand nos filets sont vides, le Seigneur est là à nos cotés. Et quand nous voyons la lumière du jour nouveau qui commence, c’est comme si tout était possible encore une fois. Le soleil levant est la promesse de la résurrection, de la vie nouvelle, de la lumière qui apparaît pour le cœur humain et qui fait rejaillir en nous l’espérance. Jésus vient réalimenter cette étincelle, cette flamme. Le Seigneur vient vers les disciples, doucement, calmement. Il vient se joindre à eux dans leur quotidien. Il s’intéresse à leurs besoins fondamentaux ; et qu’y a t-il de plus fondamental que la nourriture? « Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? ».

Il leur demande cela, non pas parce que lui-même a faim, d’ailleurs le texte ne précise pas si Jésus lui-même a mangé, mais ce passage de Jean nous explique qu’Il leur a préparé à manger : « Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là,un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain ». Mais ce qui est intéressant, c’est que Jésus veut qu’ils lui ramènent les poissons qu’ils ont pris : « Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre ». Autre point intéressant, c’est que Jésus lui-même les servit : « Jésus s’approche ; il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson ». Chers frères et sœurs, Jésus veut se rendre entièrement à notre service, même si nous n’arrivons pas à le reconnaître pleinement. Dieu n’est pas dans son propre univers, loin de nous, indifférents à nos besoins. Il vient nous inspirer, Il vient nous encourager, comme Il l’a fait avec les disciples : « Mes brebis entendent ma voix ». N’est-il pas étonnant que les disciples acceptent la demande d’un inconnu qui leur dit :

« Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez »? « Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer, tellement il y avait de poissons ».

Nous pouvons des fois nous négliger spirituellement, il nous arrive de nous concentrer tellement sur notre travail, ou de désespérer face aux défis de la vie, à ce qui pourrait sembler être un échec, etc. Mais la marque du disciple, c’est qu’il se laisse inspirer par Dieu. Les disciples écoutent cet inconnu qu’ils connaissent pourtant. C’est la voix du pasteur qui les attire et ils n’auraient pas été tentés si facilement par d’autres voix.

J’aimerai également souligner un petit point très intéressant. En s’adressant à ses disciples, Jésus les appelle les enfants. Cela est dû, à mon avis, au fait que leur foi était toujours à ce stade enfantin, pas assez mature. Et les caractéristiques de ce manque de maturité se reflètent déjà dans le fait qu’ils ne sont pas restés fermes, dans la foi, en Celui qui les a accompagnés dans sa vie terrestre, en Celui pour qui ils avaient tout laissé pour le suivre, Lui qui essaie, toujours et maintes fois à travers les différentes apparitions, de les assurer de sa résurrection et de sa présence continuelle parmi eux. Ils sont toujours hésitants, et ne sont pas encore conscients qu’Il est là à leurs cotés, et qu’ils peuvent toujours compter sur lui comme ils l’ont fait de son vivant. Ils n’arrivent pas encore à réaliser que, sans Lui, leur vie n’a pas de sens. Ils résistent toujours au bonheur qui leur est offert. Le bonheur d’être avec Lui, de ne pas avoir à compter uniquement sur leurs propres forces, le bonheur de savoir que le maître est là et que nous pouvons recourir à Lui quand tout semble aller mal dans notre vie.

Oui chers amis, les disciples du texte d’aujourd’hui sont toujours des enfants, et ils ont encore du parcours à faire dans leur cheminement de foi, à commencer par Pierre, à qui le Seigneur va s’adresser d’une manière plus personnelle à la suite de ce texte. Pierre à qui le Seigneur va demander de traduire son amour, en acceptant de s’occuper du troupeau, de mûrir dans la foi, et d’aller jusqu’au bout des exigences de l’amour.

Et nous, chers frères et sœurs, sommes-nous prêts à écouter la parole de Celui qui nous demande de lâcher les filets pour vraiment vivre dans l’abondance ?

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