Homélie Fête de St Maroun

Père Joseph G. EID

Chers frères et sœurs, aujourd’hui nous célébrons la St Maroun, fête du patron de l’église maronite.

Maroun, dont le prénom peut signifier le petit Seigneur, est un moine chrétien syriaque, anachorète, ayant vécu à la fin de l’IVe et au début du Ve siècle et qui s’est retiré du monde. Selon Théodoret de Cyr, Maroun menait, en plein air, à l’écart, au sommet d’une montagne, près d’un ancien temple païen qu’il avait converti en église, une vie de prières et d’ascèse. Il s’exposait volontairement à l’ardeur du soleil et à toutes les intempéries en s’abritant dans une tente en peau. L’austérité de sa vie et les miracles qu’il accomplissait le rendirent célèbre dans toute la Syrie, et beaucoup venaient à lui pour solliciter sa prière. Après sa mort, un monastère s’élèvera sur son tombeau et « Mar Maroun » deviendra un grand lieu de pèlerinage. Ce monastère sera la capitale religieuse de ceux qui furent appelés « ceux de Maroun » ou Beit Maroun (la maison de Maroun) ou maronites.

« Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle ».

Chers frères et sœurs, la vocation de Maroun répond à une prise de conscience. Très vite, le cœur de Maroun fut percé par l’amour de Dieu. Il réalise que tout ce que Dieu crée est bon, mais que l’attachement aux choses créées, au point d’en faire des idoles, peut mener l’être humain à sa perte. Dans un contexte social similaire au nôtre (peut-être sans les avancées technologiques), Maroun, comme d’autres poussés par un élan de charité, préfère suivre la voie du détachement radical pour gagner la vie éternelle. Il est conscient qu’il est ce grain de blé semé appelé à mourir pour porter des fruits. Maroun préfère se retirer à l’écart, loin du luxe apparent de son époque. Son mode de vie est vite reconnu comme un remède au vide engendré par la quête des plaisirs éphémères, dans un monde qui ne reconnait plus que notre vie ici-bas n’est que passage. Maroun, comme beaucoup, est en quête d’une plénitude qu’aucune société ne peut offrir. Sa vie de détachement, sa vie à l’écart, n’est pas une fuite, mais bien au contraire un courageux face à face qui ressemble au retrait de Jésus dans le désert.

Dans ce désert, Maroun se met à l’écoute du Seigneur qu’il aime. Il défie le tentateur en se remettant entre les mains de Dieu. Il suit l’enseignement des apôtres, comme Timothée, dansla foi, la patience, la charité et la persévérance. Il devint un modèle de sainteté pour d’autres. Chers frères et sœurs, en tant que paroisse maronite regroupant des fidèles de différentes confessions, essayons tous de vivre les valeurs que nous a laissé Maroun. Il s’agit des valeurs mêmes de l’évangile.

Comme Maroun, ayons cette prise de conscience que Dieu seul suffit. Attachons-nous à la vérité et défendons là comme l’a fait Maroun, en toute humilité et douceur, mais sans compromis. Peut-être pourrions-nous également être un point d’interrogation en rappelant aux disciples du Christ, partout dans le monde et tout particulièrement en orient, ce qui est le plus important : ne pas chercher la gloire du monde, mais celle de Dieu !

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