Homélie Renouveau de l’Eglise

Deuxième dimanche de l’année liturgique maronite

P. Béchara AOUN

Évangile du jour

Jn 10 : 22-42

Chers frères et sœurs, nous sommes au deuxième dimanche de notre année liturgique. Dimanche dernier, Dieu, par l’intermédiaire de Jésus Christ, fait une promesse à l’homme à travers Simon Pierre : lui confier les Clés de sa maison : «Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du Royaume des cieux ».

Ce dimanche, nous fêtons un événement très ancien qui a pour origine le renouvellement du culte dans le temple de Jérusalem en l’an 164 A.C. En effet, après la profanation du temple par l’empereur Antiochos Epiphane, il a fallu sanctifier ce temple pour que le culte rendu à Dieu soit possible à nouveau. En France, quelque chose de similaire a eu lieu il y a 2 ans et 4 mois environ ; souvenons-nous, après l’assassinat du père Jacques Hamel pendant qu’il célébrait la messe à l’église St. Etienne du-Rouvray ; l’évêque de Rouen, avec les prêtres du diocèse et les fidèles, ont vécu la cérémonie dite « rite pénitentiel de réparation », ensuite la re-sacralisation par une bénédiction « permettant de rendre l’église au culte « .

Au début de l’évangile d’aujourd’hui, Jésus se rend au temple pour prier comme tout bon juif. Cela ne l’empêchait pas d’avoir des temps de prière seul au Mont des Oliviers par exemple. La prière personnelle ne supprime pas la prière de l’assemblée, et vice-versa. Bien au contraire, ces deux formes de prière se complètent. N’est-il pas écrit : « là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux», Mt 18,20. Pour prier ensemble, il faut un lieu qui rassemble le plus grand nombre. Ici, à Lyon, les plus anciens parmi nous connaissent bien les différents endroits qu’il a fallu trouver pour prier ensemble depuis plus de trente ans maintenant. Qui aurait imaginé un jour que cette église devienne ce lieu qui nous rassemble? Le Seigneur est bon. Nous voilà rassemblés avec beaucoup de fierté grâce à tant d’efforts.

Aujourd’hui est le jour de la reconnaissance envers toutes les personnes qui ont œuvrées pour nous permettre de célébrer le Seigneur ici. Comme toute maison, il ne suffit pas de l’avoir, mais encore faut-il l’entretenir. Merci à vous qui continuez à œuvrer pour que ce lieu, qui a pour vocation de nous rassembler autour du Seigneur, reste et devienne de plus en plus accueillant . Construire la maison du Seigneur est un projet qui nous rassemble et auquel nous sommes tous invités. Mettre la main à la pâte nous rapproche davantage les uns des autres et nous permet de mieux nous connaître. Je vois par exemple la naissance de liens forts entre les différentes personnes de l’équipe travaux. Dieu nous aide à nous construire, nous qui prenons soin d’entretenir sa maison. Participer à l’entretien de la maison de Dieu c’est aussi un travail de réflexion et de prière. Ainsi, il est aisé de dire que nous contribuons tous à cette construction dans notre engagement dans la paroisse.

Aujourd’hui nous fêtons la Saint-Martin, cet officier hongrois de l’armée romaine, connu pour le partage de son manteau avec un mendiant à Amiens alors qu’il n’était pas encore baptisé. Sa charité l’a mené à la rencontre avec Dieu. Alors il a donné bien plus qu’une partie de son manteau, il a consacré toute sa vie à l’annonce de la bonne nouvelle du salut. Il est le premier en Europe à avoir initié une forme de vie monastique. Devenu évêque de Tour, il continua à annoncer l’évangile, sillonnant l’Europe et évangélisant la campagne et les endroits les plus reculés et difficiles d’accès à son époque. Ainsi, avec les nouveaux fidèles, il construisait des églises, des lieux de prière qui rassemblent. Il a aussi construit un monastère dans lequel des jeunes l’ont rejoint pour mener une forme de vie de prière. Il y a des choses que nous aimons recommencer, comme aller à la messe tous les dimanches dans le but de transmettre à nos enfants l’évangile et nourrir en nous la vie éternelle. Et il y a aussi des choses que nous n’aimons pas refaire, comme la guerre par exemple parce que c’est la mort, la souffrance, la misère, et c’est moche.

C’est pour cela que nous commémorons le centenaire de l’armistice en ce 11 novembre. Dans ces commémorations, nous essayons de dire à nos enfants pourquoi nous ne souhaitons pas recommencer la guerre, autant que cela est possible.

Que Dieu vienne à notre aide pour continuer la construction de son Église. Et qu’Il donne la paix à notre monde, Amen.

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