Homélie Nos talents divins

6ème dimanche après l’Exaltation de la Croix

P. Joseph G. EID

Évangile du jour

Mt 25, 14-30

Chers frères et sœurs, une des interprétations les plus classiques de cette parabole, c’est que les talents représentent effectivement nos talents, nos dons, et qu’il faut vraiment investir ces dons pour faire du bien dans le monde. En les faisant fructifier, nous en gagnerons énormément de bénéfices, dans ce monde et dans l’autre. C’est une interprétation tout à fait plausible, mais qui ne prend pas en compte le sens premier du mot talent, terme utilisé pour indiquer une unité de masse pour mesurer le poids de quelque chose en argent ou en or.

Le talent était donc signe d’une grande richesse. Ce qui signifie que Dieu est extrêmement généreux vis-à-vis de nous tous, ses serviteurs, même avec celui qui à qui Il n’a donné qu’un seul talent.En hébreu, l’équivalent du terme/mot poids ou de ce qui pèse le plus, c’est le kabod du Seigneur, qui devient par la suite gloria en latin. Pour dire que Dieu est le plus dense, qu’Il est le plus important. Le Kabod du Seigneur se trouvait dans le temple, plus précisément sur le siège de la miséricorde qui couvrait l’arche de l’alliance, entre les deux chérubins. Ce siège était considéré comme le lieu où demeurait le Seigneur et d’où Il donnait son Kabod, sa gloire pesante, qui n’est autre que son infinie miséricorde divine.

Retournons à la parabole. Les trois serviteurs reçoivent donc une bonne et énorme portion de miséricorde divine, qui a été versée dans leur cœur. La miséricorde divine existe uniquement sous forme de don, don appelé à être fructifié. Dans cette logique-là, quand vous dépensez cette miséricorde divine, quand vous la donnez aux autres, elle augmente automatiquement en vous! Le problème du troisième serviteur, qui ne reçoit qu’un seul talent et qui l’enfouit, c’est qu’il ne comprend pas la nature du don reçu. La seule chose que nous ne pouvons pas faire avec la miséricorde divine, c’est de la garder pour soi, la préserver. Ce qui va se passer, c’est que le Maître vous l’arrachera ! C’est une simple réalité spirituelle. Quand vous essayez de faire de la miséricorde divine votre propre possession, vous la perdez.

Quand vous dépensez et dispensez le don de la miséricorde que vous avez reçu, elle augmente en vous.Dans quelques instants, des membres de la confrérie du St Rosaire de notre paroisse vont renouveler leurs vœux.

J’en profite pour les remercier de tout cœur pour tout ce qu’elles apportent à notre paroisse de par leur présence. Je les remercie avant tout pour leur beauté, beauté qui émane surtout du fait qu’elles aient toutes répondu à l’appel du Seigneur qui leur a dispensé des talents et qui les a invitées à les investir au service de son royaume dans notre paroisse. Je les remercie d’avoir incarné la vraie vocation de toute confrérie, celle d’être une fraternité, une famille de croyants engagés dans la paroisse et dans l’église et qui cheminent ensemble. Je les remercie de nous avoir porté de par leurs prières, de s’occuper de nos besoins paroissiaux les plus rudimentaires, et de vivre ainsi la charité chrétienne. Je voudrai également les remercier car elles ont toujours ce souci d’être formées spirituellement et intellectuellement dans leur foi. Et j’invite les femmes et les hommes qui aimeraient suivre leur exemple et les rejoindre à ne pas hésiter un instant.

Chers frères et sœurs, tout ce que notre Dieu sait faire, c’est donner. C’est ça la miséricorde divine. Entrons dans la confiance, et réalisons à quel point Il nous fait confiance. Soyons conscient des grâces qu’Il nous octroie ; soyons conscients de son infinie miséricorde qu’Il verse en nous. Soyons la bonne terre de laquelle jaillira le bon parfum de la gloire divine dont a besoin notre monde aujourd’hui !

A Notre Seigneur la gloire pour les siècles des siècles !