Homélie du Dimanche de l’aveugle

Confiance, lève-toi ; il t’appelle !

P. Joseph G. EID

Textes du jour

2Cor. 10, 1-7 ; Mc 10, 46 – 52

Chers frères et sœurs, en ce Dimanche de l’aveugle, je vais m’arrêter sur la question de la confiance qui est au cœur de ce passage de la deuxième lettre de Saint Paul Apôtre aux Corinthiens, et qui est également centrale en cet évangile que nous venons d’entendre.

Saint Paul, face à ceux qui l’accusent de n’avoir qu’une attitude purement humaine, se défend en exprimant son assurance et son audace, sa confiance qui émane de son appartenance au Christ. Cette même confiance se traduit par un abandon à la volonté divine de qui émane la puissance qui détruit toutes les forteresses de l’aveuglement, des raisonnements fallacieux et orgueilleux. Cette confiance mène celui qui appartient au Christ à une attitude d’humilité.

Dans le texte de l’évangile d’aujourd’hui, on peut reconnaître, non exclusivement, un triple enseignement :

a. Un enseignement adressé aux disciples, à ceux qui suivent Jésus (de nos jours ça peut être nous) : à ceux-là, Jésus lègue la responsabilité d’appeler ceux qui sont dans l’aveuglement, mais qui ne le repousse pas. Aux disciples, Jésus semble être en train de dire, qu’il ne faut pas rabrouer et repousser ceux qui le cherchent. Bien au contraire, ces aveugles peuvent ressembler aux agnostiques de nos jours qui cherchent obstinément la vérité, la guérison. Au fond ce qu’ils cherchent vraiment c’est Dieu.

b. Un autre enseignement que l’on peut déceler à partir de ce passage, c’est d’encourager les autres en les appelant à avoir confiance : « Confiance, lève-toi ; il t’appelle. » Au fond, le rôle primordial du disciple est d’aider son frère dans l’humanité à avoir confiance en Dieu, à se lever et à reconnaître que chacun est appelé par Dieu.

c. Un autre point est plus lié à l’attitude de l’aveugle même, de Barthimée, fils de Timée en araméen, bar signifiant fils et Timée l’honneur. On remarque déjà le paradoxe qui émane de la situation de cet aveugle, appelé à être le fils de l’honneur, et qui pourtant se retrouve à cause de sa condition, dans la misère. Cela reflète notre condition humaine. Nous étions des fils de l’honneur, et nous avons perdu ce statut privilégié à cause du péché qui nous a mené à la misère.

On pourrait peut-être apprendre quelque chose du comportement de Barthimée. Déjà, l’attitude de l’aveugle nous inspire à aller rejoindre Jésus en dehors de Jéricho. Jéricho étymologiquement, c’est le lieu des parfums (pas forcément de belles odeurs), et géographiquement, c’est la ville la plus basse du monde avec une altitude proche de -240 m (Wikipédia). Cela bien sûr est symboliquement très riche, car Jéricho dans la Bible n’est pas très bien perçue. Ce lieu le plus bas symbolise l’état actuel de l’humanité, de ceux qui vont très bas. Ce n’est pas pour rien que Jésus nous rejoint à Jéricho pour nous guérir. De notre part, nous devrions être prêt comme Barthimée à rencontrer Jésus sur les bords de Jéricho. Nous devrions chercher à sortir de ce lieu au parfum néfaste.

Et puis, nous sommes appelés à avoir cette disponibilité et ne pas se laisser influencer par la foule qui voudrait nous repousser et nous éloigner de Jésus, mais plutôt avoir cette disposition intérieure à l’écoute de ceux qui sont vraiment à la suite de Christ, et que le Christ lui-même envoie à notre rencontre.

Autre point que nous enseigne Barthimée : Mendiant de profession, ce dernier nous apprend à ne pas rester assis au bord du chemin, à ne pas passer à coté de la vie, à ne pas mendier notre subsistance matérielle, mais plutôt à mendier la miséricorde divine : « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! ». Peut-être, comme lui, sommes-nous invités à jeter le manteau, tout ce qui nous empêche de bondir et de courir à la suite du Christ. Chers frères et sœurs, de par notre baptême nous avons reçu la lumière du Christ ; notre Baptême nous appelle à l’éveil de la foi, une foi qui devrait éclairer notre chemin et nous permettre d’aider les autres à ne pas rester dans leur aveuglement.

Vous êtes la lumière du monde ; que Dieu vous bénisse, à Lui la gloire à Jamais.

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